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dossier spécial
 Un pont cher au coeur des habitants


Chaque jour, que ce soit pour se rendre au travail, au marché ou encore à l’école, 400 à 500 personnes environ empruntent la Passerelle qui relie Agen au Passage. C’est dire son utilité au quotidien ! Aucune étude de fréquentation n’a été réalisée précisément. Mais ce qui est sûr, c’est que le devenir de la Passerelle ne laisse personne indifférent ! Habitants, élus, décideurs, experts... Tout le monde se mobilise depuis des années pour solutionner le cas “Passerelle”. Fruit des échanges et du consensus, une solution vient d’être trouvée. Mais avant que le chantier de rénovation ne démarre, retour sur des années de passion et d’engagement. Vous l’aimez, vous le dites et vous avez bien raison !
Voici pourquoi...

Premier souffle
Elle fait battre les coeurs !

Le 12 septembre 1917, en pleine guerre, Auguste Emilien Chambert naissait sur la Passerelle. Sa tante tenait l’octroi d’un côté du pont, sa mère était venue lui rendre visite et voici 84 ans de vie qui commencent... 65 ans de mariage, 5 enfants et 13 petits-enfants plus tard, l’homme n’en finit pas de déclarer sa flamme au pont qui a vu son premier souffle. Il fait aujourd’hui bien sûr partie de l’association “La Passerelle” (créée le 13 août 1997) et s’adonne également à l’écriture.
En témoigne le poème édité en page 12...
Mais Auguste Emilien Chambert n’est pas le seul à être né sur la Passerelle. Mme Ginestet aussi, elle est aujourd’hui décédée. Du côté de la flore et de la faune, la Passerelle est également synonyme de vie : cormorans, aigrettes garzettes, milans noirs, mouettes, hérons cendrés, ragondins, éphémères ou “manes” (papillons d’une nuit)... Depuis la Passerelle, la nature s’offre à la vue des passants chaque jour. Le pont, aujourd’hui bien intégré dans l’environnement, doit absolument le rester !

Des navettes
au service des habitants

Afin de minimiser la gêne occasionnée par les travaux, un système de navettes va être mis en place afin de transporter les usagers d’une rive à l’autre durant la durée du chantier. Les fréquences restent encore à établir en fonction des besoins de la population (collégiens de Jasmin et Chaumié, personnes âgées...). Les Mairies d’Agen et du Passage ainsi que la CAA suivent le dossier de près... Et l’association “la Passerelle” sert d’ores et déjà de relais entre les habitants et les élus pour adapter les horaires en fonction des besoins de la population.

Mobilisation
Elle suscite depuis toujours la passion...

“Qe voulez-vous, elle est si fine, si élégante mais hélas ! si légère, qu’elle finira par se faire enlever…”. Déjà en 1922, le maire du Passage dévoilait ses craintes dans une pièce de théâtre consacrée aux passions sus-citées par la Passerelle. C’est dire l’historicité des malaises et des pourparlers concernant notre fameux pont suspendu. De toujours, les habitants du Passage et d’Agen se sont ainsi mobilisés pour préserver le cordon ombilical qui les unit dans plus d’un demi-siècle d’intercommunalité avant l’heure.

 

Le 13 août 1997, une association tout simplement intitulée “La Passerelle” est même née suite à une forte mobilisation pour la sauvegarde du pont.
La présidente Mme Catrou et son époux Jean-Marie, résument ainsi leur engagement en faveur de la sauvegarde de l’ouvrage : “Prendre la Passerelle est une liberté. Car la liberté, c’est d’abord vivre et voir son environnement en le respectant... La Passerelle, c’est tout !” Pour ce couple, intarissable sur le sujet, le pont suspendu s’est vite transformé en passion débordante. L’ouvrage n’a d’ailleurs plus aucun secret pour eux ! Animant “la société archéologique, historique, artistique et littéraire du Passage”, M. Catrou édite chaque année une revue ressuscitant un pan de la vie locale. Les 150 ans de la Passerelle n’ont bien sûr pas été oubliés et une brochure leur est consacrée. Pour l’heure, M. Catrou, en historien attitré, continue de traquer dans les recoins de l’anonymat les gloires de ce qu’il appelle son “centre du monde” à lui, pour reprendre l’expression consacrée du peintre catalan Salvator Dali. Et Mme Catrou poursuit son combat associatif en faveur de la Passerelle, à l’image de bon nombre d’autres “Passerellistes” convaincus... C’est dire la place de choix qu’occupe ce pont vraiment pas comme les autres dans le patrimoine et le coeur des habitants des deux rives de la Garonne.

 


Aux abords de la Passerelle qui a scellé leur «amitié sacrée», Mme Catrou présidente de l’association «Passerelle» et son époux également passionné par le sujet, entourent Auguste Chambert, né sur le pont en 1917... Coïncidence ? En plus du lien amical, la Passerelle les relie également aujourd’hui géographiquement : les époux Catrou habitent au Passage, M. Chambert à Agen.