Il
faut depuis toujours, dans l’agglomération agenaise, compter avec un fait incontournable
: le territoire de la ville d’Agen, pris entre Garonne, côteaux et voisins, est
exigü. D’où la légitime ambition des maires successifs d’Agen d’agrandir leur
pré-carré. Mais, comme la ville est cernée, l’expansion ne peut se faire que par
conquête ou par association. La conquête, au 20ème siècle, il n’y fallait
plus songer. Restait l’association. Encore fallait-il trouver des partenaires
pas trop alarmés par la recette du pâté d’alouette ! Car les hommes avaient
des caractères, des convictions, des formations et des âges tellement disparates
que l’union ne pût se faire que progressivement, lentement et surtout partiellement.
Malgré tout, les élus des diverses générations eurent suffisament le sens
de l’intérêt général pour que l’essentiel soit préservé d’année en année. Du
Syndicat intercommunal, champ clos des débats homériques entre le docteur Esquirol
et le docteur Lapoujade jusqu’à la Communauté d’Agglomération que nous connaissons
aujourd’hui, que de chemin parcouru. Mais ce qui a vraiment changé la nature
des choses dans l’agglomération, c’est l’arrivée, en deux renouvellements, d’une
nouvelle génération de maires. Et, grosso modo, ils sont tous de la même génération.
Ils ont beaucoup plus en commun que leurs prédécesseurs. Et l’on a pu assister
à un fait exceptionnel car rare dans l’histoire tourmentée de l’Agglo : un budget
établi à l’unanimité ! Pourtant, la situation financière des uns et des autres
n’était pas des plus simples. Et, à la CAA, la fiscalité directe, les transferts
de compétence, la mise en commun de moyens, les systèmes de compensation, les
délégations de services publics, les mécanismes et les procédures engendrent une
grande complexité. Passant au dessus de leurs seuls intérêts communaux, digérant
avec aisance les complications communautaires, les maires et les délégués à la
CAA, ont paraphé un pacte fiscal et financier sans discordance et sans fausse
note. Pourtant ce pacte engage chaque commune vis à vis de la Communauté et
vice-versa. Il fût un temps où les modalités, apparemment contraignantes de
ce pacte, auraient tué dans l’oeuf tout accord. A la CAA, maintenant, le consensus
se fait naturellement. Les élus d’aujourd’hui ont compris qu’en servant leur communauté
ils servaient aussi leur commune. Cela a beau ressembler à une vérité de La
Palice, on ne peut dire qu’elle soit universellement partagée. C’est même
une première, en Lot-et-Garonne. Et telle est la force de contagion de l’esprit
de solidarité qui rêgne ici que le premier “Pays” à voir son périmètre officiellement
reconnu, a été le Pays d’Agen. La bonne chaleur de l’unanimité agenaise s’est
communiquée aux communautés voisines. Jacques
Clouché |